🔴Nouveauté BD : Le Deuil périnatal est une réalité taboue en France, pourtant chaque année en France des milliers de parents sont confrontés à l’arrêt d’une grossesse et à l’irruption de la mort dans l’attente d’un enfant. Comment se remet-on d’un tel drame ? Nathalie André et Violette Suquet ont mené l’enquête dans un album qui devrait vous faire verser bien des larmes.

Ce sont des histoires bouleversantes que l’on découvre dans ce livre, des parents témoignent comment leur bébé n’a pas pu vivre. Alors de quoi parle-t-on avec le deuil périnatal ? Et bien de tous ces bébés qui sont morts aux prémices de la vie.
Non pas un deuil périnatal mais des deuils périnataux
On compte ainsi chaque année près de 3 600 enfants mort-nés et 300 mort subites du nourrisson ces bébés dont la mort survient de façon inattendue dans la première année de leur vie.
Il y a encore 6 000 interruptions médicales de grossesse quand le bébé est gravement affaibli à l’intérieur du ventre de sa maman et qu’il ne pourra pas vivre.
Il y a aussi tous les ans, 200 000 arrêts naturels de grossesse : on ne dit plus « fausse couche », car il n’y a rien de faux dans cette expérience.
Il faut encore parler de ces 16 000 grossesses extra-utérines : ces embryons qui se développent en dehors de l’utérus et qui donc ne peuvent pas aller au bout de leur développement.
Et je n’oublie pas que pour certaines femmes, pas toutes, mais certaines, avorter peut s’apparenter aussi à un deuil.
Ca en fait des parents endeuillés et à chaque fois ces histoires sont singulières.
Il n’y a pas un deuil périnatal, mais des deuils périnataux. Des histoires, où l’enfant n’est pas viable avec des parents qui se préparent à son décès avant ou après la naissance et d’autres où la mort survient par surprise.
L’importance des associations
Aujourd’hui, ces bébés, qui n’ont pas pu vivre, peuvent être inscrits dans le livret de famille mais cela n’a pas toujours été le cas. Pendant longtemps, on a pu sut comment appeler ces parents. Quand on perd un père ou une mère, on est orphelin, mais quand on perd un enfant ? Aujourd’hui, les associations ont créé l’expression “paranges”, les parents d’anges, et ce sont ces “mamanges et ces papanges” que l’on retrouve dans cet album.
Cette bande dessinée souligne l’importance des associations pour rompre l’isolement des parents endeuillés et les accompagner pour relire les épreuves qu’ils ont dû traverser :
L’accouchement bien sûr
La décision d’autoriser ou de ne pas autoriser l’autopsie du petit corps.
Et l’organisation ou pas d’obsèques.
Avec le deuil périnatal, la société a longtemps été dans le déni.
Aujourd’hui, les maternités ont considérablement revu leur accompagnement et mis en place des rituels pour concrétiser, pour ceux qui le souhaitent, l’existence de ces bébés.
Faire des empreintes des pieds et des mains du nourrisson, lui couper une mèche de cheveux quand c’est possible, conserver le bracelet de naissance. Autant de petits détails qui témoignent du passage sur terre de ces petits enfants.
Mais les parents souffrent beaucoup de devoir affronter la gêne des autres devant la mort de leur bébé. Une gêne qui ne fait qu’accentuer leur isolement.
Ce qui fait dire à la psychothérapeute Hélène Romano que ces deuils devraient être pensés par notre société avec beaucoup plus de bienveillance et beaucoup plus d’accompagnement. N’ayons donc pas peur de nous tenir aux côtés de ces parents. C’est le message de cette enquête très complète sur le deuil périnatal où l’on retrouve réunis, des témoignages de parents et des paroles d’experts.
➡️Bercer le silence de Nathalie André et Violette Suquet est publié au Courrier du livre.