🔴Au cinéma : Comment raconter la tragédie palestinienne ?Comment dire l’attachement à la terre, son arrachement aussi ? Et comment montrer ces traumatismes qui se transmettent depuis tant d’années ? Pour raconter l’histoire des Palestiniens, la cinéaste palestino-américaine Cherien Dabis a choisi de réaliser une fresque familiale, inspirée de sa propre histoire.
Ce qu’il reste de nous est un film très accessible. La volonté de toucher le grand public est palpable et les comédiens sont formidables (mention particulière pour les enfants et Mohammad Bakri disparu en décembre dernier).
🔴Au cinéma : il y a soixante ans, le régime nazi se retrouvait sur le banc des accusé dans un procès qui fera date. Comment juger ces hommes ? Comment juger l’histoire ? Des questions au cœur du nouveau film de l’américain James Vanderbilt. Cette très impressionnante reconstitution du procès de Nuremberg est porté par un Russel Crowe fascinant.
Hermann Göring n’est pas mort aux côtés d’Hitler dans son bunker berlinois. Au début du film de James Vanderbilt, en salle depuis ce mercredi, on assiste à sa capitulation. Au milieu d’une scène d’exode, Hermann Göring, énorme, engoncé dans un costume d’apparat bleu ciel, bâton de maréchal à la main, descend d’une magnifique voiture et se rend aux soldats allemands.
Ce mercredi sort au cinéma le film On vous croit. Un premier film pour Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys. Un film court, un film choc pour dénoncer la solitude des mères face à un conjoint pédocriminel.
La scène d’ouverture est glaçante. Une mère se bat littéralement avec son fils pour l’emmener à un rendez-vous. On est au plus près d’elle, on devine à la fois l’importance cruciale de ce qui les attend et son effondrement intérieur. Elle semble n’être plus que l’ombre d’elle-même. A ses côtés, son fils, recroquevillé à l’intérieur d’une capuche, semble vouloir disparaître.
Matthias peut être un ami cultivé. Il sait aussi jouer les fils aimants, les pères attentionnés, vous aider à préparer une dispute conjugale ou vous accompagner dans une visite d’appartement ou à un concert, mais le soir quand il rentre chez lui, Matthias ne sait plus qui il est et continue de jouer un rôle.
Mathias travaille dans une agence de location d’amis. Ces entreprises font florès au Japon depuis quelques années, mais ici, nous sommes en Autriche dans un futur très proche où toutes les relations sociales ont été aseptisées et où il ne fait pas bon être seul. Dans cette tragi-comédie, Bernard Wenger sait nous faire rire avec des effets visuels appuyés qui font mouche, il est surtout impitoyable pour traquer le besoin de paraître, les faux-semblants et l’hypocrisie de la haute société autrichienne.
Le comédien Albrecht Schuch excelle pour montrer l’épuisement de son personnage en plein burn out, incapable d’exprimer ses émotions. Un dérèglement intérieur qui nous plonge dans une ambiance des plus étrange quand les machines, dans une sorte d’écho, refusent désormais de lui répondre. Comme si ouvrir les yeux sur sa condition était le grain de sable dans une mécanique bien huilé. Mais l’ultime scène où il se présente enfin en vérité (et complètement nu) nous fait un peu trop penser à la scène culte de The square (Ruben Ostlund 2017) pour nous embarquer complètement.
Si le paon (peacock en anglais) avec sa roue est l’animal totémique du film, on gardera aussi en mémoire la scène d’ouverture où Mathias tel un héros éteint l’incendie… d’une voiturette de golf. Quand tout n’est plus qu’illusion, les repères glissent et disparaissent.