Qui veut la peau des radios locales ?

Le projet de loi de finance 2026 prévoit une réduction de 44% du FSER le Fond de soutien à l’expression radiophonique. Si le FSER ne pèse pas grand-chose dans le budget de l’État (un peu plus de 35 millions en 2025), c’est un fond vital pour les radios associatives.

Et aujourd’hui une grande partie d’entre elles voient leur avenir singulièrement fragilisé par la diminution d’une subvention qui représente souvent plus de 30 % de leur budget.

Qu’est-ce qu’on perd quand une radio locale disparaît ?

A quoi servent ces plus de 700 radios qui maillent le territoire français. Ces micro médias portés à bout de bras par des bénévoles passionnés et quelques salariés ultra dévoués ? Cette baisse du FSER, c’est bien sûr une une menace pour l’emploi. Les différentes instances représentant les radios associatives évoquent la suppression possible de 3 000 postes partout en France.  Mais au-delà des pertes sociales, c’est aussi une partie de l’identité d’un territoire qui est abîmée. Dans le studio d’une radio locale, c’est toute la vitalité, la créativité et la solidarité d’un terroir, d’une ville qui défilent. C’est le lieu qui donne la parole à toutes les associations, à toutes les initiatives, à tous les acteurs d’un espace. Un lieu où on se rencontre, où on se parle, où on s’écoute, mais aussi où on accompagne et où on forme…

Des outils essentiels du lien social

C’est d’ailleurs à ce titre qu’elle bénéficie du FSER. Pour les équipes des radios locales, le dossier pour le FSER est un moment critique de leur année : elles doivent détailler tout ce que la radio a entrepris pour favoriser le lien social, l’inclusion, l’intergénération, le développement durable…

Le média de proximité par excellence.

Aujourd’hui à un moment où beaucoup de choses semblent se déliter, où le pluralisme médiatique est fragilisé, faire le choix d’abandonner les radios locales, n’est pas anodin.

Mais à quoi, à qui pourrait bien servir leur sacrifice ? Pense-t-on sérieusement qu’on va renforcer les finances de l’Etat en abandonnant les radios locales ?

Personnellement, j’ai appris l’essentiel de mon métier dans une minuscule radio locale aujourd’hui disparue. RCF Mâcon : 1 émetteur, 3 salariés, 50 bénévoles. Tout ce qui se faisait dans ce petit bout de Saône Et Loire passait devant nos micros. C’est là qu’on m’a fait confiance, que je suis devenue journaliste, que mes convictions se sont forgées.

je sais ce que je leur dois. Merci