🔴Nouveauté BD : Nous sommes à Séoul en 2018. Léonie et Emma pratiquent une discipline improbable et vraiment impressionnante : le ski alpin pour malvoyants. Une histoire de résilience et de sororité et un plaidoyer sensible pour le handisport.

Imaginez-vous au volant d’une voiture roulant à cent à l’heure, de nuit, dans un brouillard profond. Et bien descendre à toute vitesse une piste enneigée quand on est malvoyant, c’est exactement ça. Sauf qu’on n’as pas de voiture pour se protéger en cas de choc.
C’est ainsi que commence cet album “Sœurs de glisse” adaptation très grand public de l’histoire des sœurs Sana, premières femmes belges médaillées aux jeux paralympiques d’hiver à Séoul en 2018.
Le choix par défaut du ski alpin comme discipline paralympique
A l’origine Léonie notre héroïne ne pratiquait pas le ski mais plutôt la gymnastique. Mais c’était souvent comme ça à l’époque dans le handisport, on ne pratiquait pas le sport dont on avait envie mais celui où il y a avait de la place … je voudrais pouvoir vous dire que ça a changé … je n’en suis pas certaine.
Or dans ces années-là, des esprits un peu tordus, il faut le dire, avaient décidé que la Belgique n’avait pas besoin d’athlètes paralympiques en gym mais bien en ski, discipline comme vous le savez très répandue dans ce pays montagnard qu’est la Belgique.
La compétition sportive comme chemin de réconciliation
Et puis à l’origine encore, Léonie ne formait pas du tout un duo complice avec sa sœur Emma. Bien au contraire, on peut dire même qu’elle ne se supportait qu’avec difficulté. Quand à la naissance de Léonie, on lui a détecté un cancer des yeux, elle a dû passer des semaines à l’hôpital monopolisant sa maman au grand dam de son frère et de ses deux sœurs et particulièrement d’Emma tout juste âgée de deux ans. Une lourde rivalité en est restée et des disputes incessantes.
Assumer son handicap
Léonie jeune fille brillante et malvoyante était donc une gymnaste de haut niveau, mais arrive un moment où son handicap va l’empêcher de poursuivre la compétition en milieu valide. Elle se tourne donc vers le handisport. Je vous passe les détails, mais ce n’est pas une démarche évidente que d’accepter et de nommer son handicap. Et là bye bye la gym, bonjour le ski alpin … Sauf que le ski alpin pour les personnes aveugles ou malvoyantes, ça se fait en binôme avec un guide qui skie devant vous et avec lequel vous communiquez avec un casque et un micro.
Le ski alpin pour malvoyant : un sport en binôme
Guider n’est pas simple. Chaque guide doit trouver son propre style, construire sa technique et se mettre à la place de la personne guidée. Et c’est donc Emma, qui va devenir les yeux de sa sœur Léonie. Ensemble, elles devront apprendre à skier, cohabiter et surtout communiquer pour avoir une chance de gagner.
Et c’est ce qu’elles vont faire.
Je n’ai pas du tout l’esprit de compétition. Je me suis un peu demandée, si le jeu en valait la chandelle, tant ces jeunes femmes ont l’air de souffrir de s’entraîner de façon aussi intensive, si loin de leurs amis. Mais leur victoire est belle et la confiance mutuelle qui va grandir entre elles est vraiment très impressionnante.
➡️ Cet album Soeurs de glisse est publié chez Jungle. Il est signé Gwenola Morizur au scénario et Agnese innocente au dessin et c’est un plaidoyer pour la résilience et la puissance du handisport.