Étiquette : Sororité

  • Une grossesse sur quatre, enquête sur le tabou de la “fausse” couche

    🔴Nouveauté BD : Les grossesses arrêtées sont un tabou puissamment ancré dans les mentalités. Ce n’est pourtant pas rien de voir sa grossesse s’interrompre. Camille Drouet Chades et Manon Mugnier nous offrent une enquête fouillée pour enfin sortir ces “fausses” couches du silence.

    Une grossesse sur quatre, c’est la part des grossesses arrêtées

    Un autre chiffre circule : 200 000 grossesses n’iraient naturellement pas à leur termes en France. C’est un chiffre approximatif, car il n’existe aucune comptabilité sur les “fausses” couches. Bien souvent, quand vous arrivez aux urgences, car vous êtes en train de perdre un bébé, ce qui restera sur les relevés, c’est : “ hémorragie…” De la même façon, les raisons d’une fausse couche sont multiples mais là encore, les causes sont rarement recherchées.

    L’injonction au silence des trois premiers mois de grossesse

    L’autrice Camille Drouet Chades a été huit fois enceinte, mais seules deux de ses grossesses sont arrivées à terme. Dans ses proches, peu étaient au courant ;  la plupart n’en ont jamais rien su. La faute à l’implacable injonction au silence qui marque les trois premiers mois de la grossesse. Conséquence de ce silence, la prise en charge de cette période, qui représente un tiers de la grossesse, est quasiment inexistante. Ce n’est pourtant pas la période la plus confortable. Conséquence encore de ce silence, quand la grossesse fait pschitt, on n’en parle pas ; circulez, y a rien à voir.

    En cas de “fausse” couche, la prise en charge est des plus légères : pour une de ses “fausses couches », l’autrice est ainsi repartie avec un jour d’arrêt de travail, moins que pour une gastro…

    Une prise en charge insignifiante.

    Il n’y a pas d’existence sociale pour la femme enceinte de moins de trois mois… Pas d’existence sociale pour la femme, dont la grossesse vient de s’interrompre.  La littérature est inexistante, les campagnes d’information également. Rien. Le silence. Pourtant, une grossesse sur quatre. Pourtant, explique cet album, il y aurait des choses à faire, des recherches à engager, des protocoles d’accompagnement à mettre en place. Car une “fausse” couche, ce n’est pas rien. C’est une promesse de bébé qui s’envole, mais c’est aussi, pour certaines femmes, d’immenses douleurs, car une fois fait  le constat de l’arrêt de la grossesse, il faut bien expulser ce qu’on appelle d’un mot très élégant “le sac gestationnel”. C’est comme des grosses règles dit-on souvent aux femmes concernées, mais là encore, faute de recherches sérieuses, la douleur comme la souffrance psychique ne sont pas bien documentées et donc mal prises en charge.

    Des soignants mal à l’aise

    Cet album donne la parole aux femmes qui ont vecu des “fausses” couches, écoute leur ressenti, mais l’autrice va aussi voir ce qui se passe du côté des soignants pour qui les “fausses” couches appartiennent à la routine.  Aux urgences, ils en voient des dizaines par semaine. C’est aussi une situation frustrante, car il n’y a rien à faire. Et ce décalage entre le ressenti des femmes et l’accueil des soignants est violent. Une violence accentuée par la situation de l’hôpital avec du personnel épuisé, à bout de souffle, qui n’a que peu de temps pour être dans l’empathie.

    La fin d’un tabou ?

    Mais la prise de conscience progresse : des célébrités ont témoigné, la chanteuse Jennifer, Michelle Obama ou Marine Tondelier et petit à petit des recherches sont engagées, des initiatives se font jour. Une loi est même adoptée en juin 2023. C’est aussi cela que raconte cet album, qui est vraiment une enquête très fouillée pour que les fausses couches ne soient plus jamais un tabou.

    ➡️Une grossesse sur quatre, une enquête de Camille Drouet Chades dessinée par Manon Mugnier est une coédition La revue dessinée / casterman

    ➡️Retrouvez ici, ma chronique sur Bercer le silence une enquête sur le deuil périnal

    ➡️ Et par là , ma chronique sur Peau à peau, une BD sur les bébés arrivés trop tôt

  • Le cocon, la vie de Judith Scott, artiste trisomique

    🔴Nouveauté BD : Judith Scott 1945-2005) est une artiste qui fait aujourd’hui partie des figures majeures de l’art brut. Cet album retrace son histoire et son éveil à l’art après 35 ans d’internement. 

    Avez-vous déjà vu des œuvres de Judith Scott ?

    Ce sont des sortes de gros cocons. Dans les expositions et les musées ils sont souvent présentés suspendus comme s’ils flottaient dans l’air.

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  • Ma soeur est folle, anatomie d’une chute

    🔴Nouveauté BD : Rita la soeur de Francesca est folle et Francesca veut savoir pourquoi. Une quête intime pour tenter de débusquer les ressorts de la folie et célébrer la sororité. Un album en bichromie noir et jaune, impressionnant de justesse dans l’appréhension des troubles psychiques. 

    Ma soeur est folle, c’est le titre de cet album tout de noir et de jaune. Un album sombre et lumineux à la fois. Rita Nocenti est folle et sa soeur Francesca  nous raconte son histoire

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  • Sœurs de glisse : le sport paralympique comme piste de résilience

    🔴Nouveauté BD : Nous sommes à Séoul en 2018. Léonie et Emma pratiquent une discipline improbable et vraiment impressionnante : le ski alpin pour malvoyants. Une histoire de résilience et de sororité et un plaidoyer sensible pour le handisport.

    Imaginez-vous au volant d’une voiture roulant à cent à l’heure, de nuit, dans un brouillard profond. Et bien descendre à toute vitesse une piste enneigée quand on est malvoyant, c’est exactement ça. Sauf qu’on n’as pas de voiture pour se protéger en cas de choc.

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