Peau à peau, aux côtés des bébés arrivés trop tôt

🔴Nouveauté BD : A chaque naissance d’un grand prématuré, une bataille s’engage pour que vive ce minuscule bébé arrivé trop tôt. Cet album nous plonge dans un service de néonatalogie aux côtés de parents désemparés devant la fragilité de leur enfant. Nous découvrons l’incroyable engagement des équipes pour accompagner parents et bébés.

Quand à six mois de grossesse, Héloïse se découvre en train d’accoucher alors qu’elle est en plein séjour au ski, sa vie bascule. Comment accouche-t-on à six mois de grossesse ? Elle n’est pas prête.

Elle se dit qu’elle n’a pas suivi de préparation à l’accouchement , que sa valise pour la maternité est encore au magasin. Et son bébé ? Est-ce qu’il est prêt à naître ? Et le papa ? Est-ce qu’il est prêt le,papa ? Tout va trop vite dans leur histoire et le bébé est déjà là. A peine 1400 grammes. Le staff médical est au petit soin. Comment dans ces conditions, devenir maman sans se sentir complètement dépossédée de son bébé ?

Un si petit bébé

Ce premier album d’Irène Tardif s’inspire de l’histoire et du roman d’Héloïse Dumoustier sur les grands prématurés, Peau à peau”. Avec beaucoup de douceur et parfois de l’humour, elle nous raconte les premiers jours d’un bébé arrivé trop tôt, et même beaucoup trop tôt. Notre monde est plein de lumière, de vibration, de bruits ? Ce n’est pas du tout adapté à un petit bout de chou qui aurait dû rester encore trois mois bien au chaud à l’intérieur du ventre de sa maman. C’est un minuscule bébé et ses organes ne sont pas encore tout à fait développés.

Des équipes soignantes aux petits soins

Heureusement, aujourd’hui, les équipes de néonatalogie sont bien rodées. Elles savent accompagner ces grands prématurés. Les protocoles sont là, mais à chaque naissance,  il faut tout recommencer et s’adapter pour trouver le meilleur chemin vers une vie normale de bébé.

En attendant, il faut prendre soin de ces touts petits : un univers stérile, une surveillance constante et la conviction que la technologie et les professionnels ne suffisent pas. Les parents sont indispensables pour ces si petits bébés.  

La force du contact humain

Alors il y a un temps pour la couveuse, mais il y a aussi, un temps bouleversant pour le peau à peau, où on glisse le minuscule bébé à même la peau de sa maman ou de son papa. Et l’album nous apprend que quand il n’y a pas de parents, que le bébé est confié à l’aide sociale à l’enfance, ce sont ces puéricultrices qui vont faire le peau à peau.

“Le peau à peau, c’est un geste, un soin, un lien,”explique Charlotte Bouvard, la fondatrice de SOS préma, dans la préface de cette bande dessinée. C’est ce contact essentiel entre un parent et son bébé, si simple et pourtant si puissant qu’il peut changer le cours de ces vies balbutiantes et consolider leur essor.”

Des vies balbutiantes et fragiles

Mais dans ces services, la vie ne tient parfois qu’à un fil et il faut aussi faire avec la mort toujours possible et imprévisible. “Le parcours d’un prématuré est en dents de scie, si ça va un jour, on ne peut pas être certain du lendemain,” explique l’une des responsables du service. D’où la nécessité de se concentrer sur les petites victoires du quotidien.

Un personnel dévoué au coeur de l’hôpital en crise

Cet album est aussi un bel hommage à ceux et celles qui travaillent dans ces services, auprès de ces touts petits bébés et de leurs parents. Comme le reste de l’hôpital, ils doivent faire face à une dégradation de leur condition de travail, et ils donnent beaucoup d’eux même, parfois au-delà du raisonnable pour assurer une bonne qualité d’accueil et de vie à ces familles.

Leur récompense, c’est la force de vie de ces enfants et le sourire des parents qui parfois reviennent les voir, un peu plus tard, quand le bébé babille comme un grand.

➡️ Un album adapté du roman d’Héloïse des Monstiers, signé Irène Tardif et publié chez Bayard graphic.