« Le Complexe » la beauté à tout prix

🔴Nouveauté BD : Sang, botox et implants. Cette bande dessinée est une plongée en huis-clos dans Le Complexe, un centre de beauté de l’extrême. Une réflexion sur les dérives de la chirurgie esthétique et du capitalisme. Un album rouge sang qui flirte avec le gore avec une bonne dose d’humour et d’ironie.

Le complexe est un immense centre de soin et de chirurgie esthétique. Nous suivons trois heureux lauréats qui ont gagné un séjour dans ce lieu à nulle autre pareil. Ils vont enfin pouvoir ressembler à ce dont ils rêvent. “Soyez la personne que vous méritez d’être” telle est la devise du Complexe pour parodier L’Oréal et son “Parce que vous le valez bien.”

Le culte de la beauté

Ines est complexée même obsédée par son nez, Nadège veut effacer les marques de l’âge quant à Tony la beauté ne lui suffit plus, il veut la perfection. Dans ce Complexe, un large choix de prestations est proposé pour accompagner leur transformation. La seule limite, expliquent les prospectus et les agents commerciaux du Complexe, la seule limite est celle qu’ils se fixeront. C’est ainsi que le complexe se félicite d’avoir  libéré des milliers de personnes de leur difformité. 

Une entreprise sans fin

Très vite, on comprend que ce centre de chirurgie esthétique de l’extrême est d’abord un piège à gogo. On profite de l’obsession de chacun pour son image, pour rendre encore plus addicte aux promesses de jeunesse et de beauté. En fait les séjours dans le complexe sont sans fin car il y a toujours quelque chose à corriger à arranger … “si vous attendez de tomber amoureuse de votre reflet pour réaliser vos rêves, vous êtes ici pour des années”, Explique en douce à Inès une des employées obligé de travailler dans le complexe pour financer ses opérations. La chirurgie esthétique devient dans cette histoire,  un engrenage. Il en faut toujours plus, il faut aller toujours plus loin dans les implants, les prothèses, les liposuccions …

Un récit fantastique, très proche de la réalité

Dans les couloirs du toujours mieux, les promesses sont nombreuses mais les portes sont rares” est-il expliqué quelques pages plus loin et on comprend que le complexe est un enfermement. La polysémie du mots pourrait faire de cet album une métaphore … mais l’autrice, Lucie Albrecht s’appuie sur une enquête solide, quasiment rien n’est inventé. Les opérations les plus folles, les régimes les plus abérants, les offres d’amélioration les plus excentriques ou les plus cruelle ont déja été proposées : Des masques avec du sang menstruel, des capsules pour réduire le vagin, des crèmes pour augmenter ou réduire les fesses. Le tourisme médical est un marché lucratif et sur les réseaux sociaux, les influenceurs et les influenceuses sont les agents d’une beauté plastique modelée au scalpel.

La chirurgie esthétique pur produit du capitalisme

Le corps est devenu un objet marketing comme un autre et c’est ce que dénonce cette bande dessinée ou le rouge sang prédomine avec parfois un côté gore et horrifique appuyé pour souligner la dérive de la chirurgie esthétique mais aussi du capitalisme qui se nourrit de ses propres enfants.

➡️ Le complexe de Lucie Albrecht est publié chez Casterman