Auteur/autrice : stephaniegallet

  • Les combattantes, une histoire des violences sexistes et sexuelles

    🔴Nouveauté BD : Dans un très gros ouvrage très didactique et très fouillé Géraldine Grenet et Marie-Ange Rousseau remontent le fil des combats féministes pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

    En 2022 en France, 147 femmes ont été tuées pour le simple fait d’être femme, En 2023 elles étaient encore 136 à mourir sous les coups d’un homme, et 141  en 2024. A l’automne 2025, on recensait 127 femmes tuées à cause de leur genre depuis le début de l’année, soit un féminicide  tous les deux jours.

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  • Après les déserts médicaux, les déserts alimentaires

    En France, plus de 60% des communes ne disposent d’aucun commerce de détail. On commence même à parler de déserts alimentaires avec plus de 6 millions de personnes vivant à plus de sept minutes en voiture d’une petite surface alimentaire. 

    A six mois des élections municipales, un collectif d’associations se mobilise pour tenter de faire de la démocratie alimentaire un enjeu de la campagne. Il s’agit que tous les administré.e.s aient accès à une alimentation durable et de qualité. Les maires, sans avoir de prérogatives en matière d’agriculture et d’alimentation, ont la possibilité d’agir.

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  • Là où tu vas : Voyage en pays d’Alzheimer

    🔴Nouveauté BD : Etienne Davodeau nous offre un album sur la maladie d’AlzheimerUn portrait de sa femme Françoise qui depuis des années accompagne des malades atteintes de pathologies neuro-dégénératives. Un très bel album, très délicat, très respectueux pour écrire une page de l’histoire de ces personnes qui ont un peu oublié la leur et rendre hommages à ceux et celles qui se tiennent à leurs côtés.

    Etienne Davodeau fait partie des grands noms de la bande dessinée. Une BD souvent documentaire, souvent à la première personne. En interrogeant le monde autour de lui, Etienne Davodeau se raconte et raconte le monde avec son regard bienveillant. Et se faisant, il noue un lien particulier avec ses lecteurs.

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  • Punk à sein : Une chimio avec Jo Strummer

    Et s’il fallait être un peu punk pour traverser le cancer ?

    🔴Nouveauté BD : Magali Le Huche avait 40 ans quand on lui a détecté un cancer du sein. Dans cet album elle raconte tout de ce parcours qui va faire d’elle une amazone. Avec elle, on passe du rire aux larmes. Une BD généreuse et sensible, hommage à toutes ses « copines de cancer ».

    Et s’il fallait être un peu punk pour traverser le cancer ?

    Oui un peu punk pour affronter l’annonce du cancer, la chimio la chirurgie l’hormonothérapie la radiothérapie la reprise du boulot … et j’en passe… Alors punk non pas, dans le sens du No future, mais dans le sens de vivre à fond en se fichant des conventions. C’est en tous cas l’expérience que raconte Magali Le Huche  dans un album qui a fait ma joie Punk à sein où sein, je le précise car le détail a son importance, sein est écrit au singulier.

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  • Une pétanque avec Bruce Lee

    Photo climat place de la Concorde : des images et des histoires

    Pour sa 3eme édition, la Biennale PHOTOCLIMAT est plus que jamais une vitrine pour des ONG et des fondations qui relaient ainsi leurs engagements grâce au travail des photographes. Une dizaine de reportages photo, très grand format, sont présentés au public dans une place de la Concorde rendue aux piétons.

    Rencontrer Bruce Lee et lui apprendre à jouer à la pétanque.” C’est ce que répond Guy quand on lui demande avec quelle personne célèbre, il aimerait partager un moment. Guy a été photographié par Sacha Goldenberg dans le cadre d’un projet avec Les petits frères des pauvres, une association qui lutte contre l’isolement des plus âgés. Dans Solitude augmentée, des hommes et des femmes accompagnés par Les petits frères des pauvres sont photographiés dans leur intérieur et racontent leur ami imaginaire. Ces photos sont actuellement présentées Place de la Concorde et grâce à un flashcode, en tendant son portable, on peut entendre Guy et les autres nous parler de Jeanne Moreau, Simone Veil, Napoléon et donc Bruce Lee. 

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  • Des enfants uniques : Une histoire d’amour comme les autres (ou pas …)

    Couverture du livre Des enfants uniques de Gabrielle de Tournemire et Photo d el'autrice

    Pépite littéraire de rentrée : 🫶
    ➡️ Jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans l’inclusion des personnes en situation de handicap ?
    ➡️ Des jeunes gens avec une déficience intellectuelle peuvent-ils s’aimer comme tous les jeunes amoureux du monde ? Peuvent-ils avoir une intimité sexuelle ? Peuvent-ils s’installer et vivre ensemble ?


    🔴 Ce sont toutes ces questions que soulève Gabrielle de Tournemire dans un premier roman à l’écriture à la fois élégante et fantaisiste. “Des enfants uniques” est une histoire d’amour singulière et universelle mais n’est-ce pas le cas de toutes les histoires d’amour ?
    Uniques, Hector et Luz le sont assurément. Hector, prince silencieux, trimbale sa silhouette dégingandée, ses tics et ses tocs, poussé, porté même, par des parents aimants et exigeants qui ne rêvent pour lui que d’autonomie.
    Luz est une fée, un peu princesse un peu carabosse, au babillage incessant que ses sœurs et ses parents adulent.
    Leur rencontre dans le nouveau foyer d’Hector est un ouragan qui va emporter leur deux cœurs mais aussi la vie de tous ceux et celles qui veillent sur eux. Leurs parents bien sûr mais aussi Carlo l’ancien éducateur d’Hector qui va jouer les chaperons.
    A partir de leur histoire, Gabrielle de Tournemire construit un récit très sensible où les galères que doivent affronter les personnes en situation de handicap et leurs proches, sont racontées sans édulcorant mais avec beaucoup de douceur.
    Gabrielle de Tournemire a écrit « Des enfants uniques » après avoir passé une année dans un foyer d’hébergement pour adultes. Son livre est une histoire d’amour mais aussi une réflexion sur les liens que l’on peut tisser avec des personnes aussi atypiques. Un roman comme un petit pas de plus pour en finir avec l’infantilisation de ces enfants uniques devenus grands.
    « Des enfants uniques« , premier roman de Gabrielle de Tournemire, est publié chez Flammarion

    🔊 Qu’est-ce qu’on écoute avec ça ?
    Même si Luz pétille, vit dans une comédie musicale et adore Mamamia, ce sont les notes et les mots plus graves d’une chanson de Prévert et Kosma qui me reviennent quand je pense à l’histoire d’Hector et Luz : . On peut écouter « Les enfants qui s’aiment » chantée 🎵 par Montand ou Gréco. Perso j’ai une tendresse pour la grande Juliette.

  • Peacock : Louez un ami qui vous veut du bien

    Matthias peut être un ami cultivé. Il sait aussi jouer les fils aimants, les pères attentionnés, vous aider à préparer une dispute conjugale ou vous accompagner dans une visite d’appartement ou à un concert, mais le soir quand il rentre chez lui, Matthias ne sait plus qui il est et continue de jouer un rôle.

    Mathias travaille dans une agence de location d’amis. Ces entreprises font florès au Japon depuis quelques années, mais ici, nous sommes en Autriche dans un futur très proche où toutes les relations sociales ont été aseptisées et où il ne fait pas bon être seul. Dans cette tragi-comédie, Bernard Wenger sait nous faire rire avec des effets visuels appuyés qui font mouche, il est surtout impitoyable pour traquer le besoin de paraître, les faux-semblants et l’hypocrisie de la haute société autrichienne.

    Le comédien Albrecht Schuch excelle pour montrer l’épuisement de son personnage en plein burn out, incapable d’exprimer ses émotions. Un dérèglement intérieur qui nous plonge dans une ambiance des plus étrange quand les machines, dans une sorte d’écho, refusent désormais de lui répondre. Comme si ouvrir les yeux sur sa condition était le grain de sable dans une mécanique bien huilé. Mais l’ultime scène où il se présente enfin en vérité (et complètement nu) nous fait un peu trop penser à la scène culte de The square (Ruben Ostlund 2017) pour nous embarquer complètement. 

    Si le paon (peacock en anglais) avec sa roue est l’animal totémique du film, on gardera aussi en mémoire la scène d’ouverture où Mathias tel un héros éteint l’incendie… d’une voiturette de golf. Quand tout n’est plus qu’illusion, les repères glissent et disparaissent.

    Peacock de Bernard Wenger en salle le 18 juin