🔴Nouveauté BD : Dans un très gros ouvrage très didactique et très fouillé Géraldine Grenet et Marie-Ange Rousseau remontent le fil des combats féministes pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

En 2022 en France, 147 femmes ont été tuées pour le simple fait d’être femme, En 2023 elles étaient encore 136 à mourir sous les coups d’un homme, et 141 en 2024. A l’automne 2025, on recensait 127 femmes tuées à cause de leur genre depuis le début de l’année, soit un féminicide tous les deux jours.
Une guerre à bas bruit contre les femmes
Une violence terrifiante et qui n’en finit pas comme le montre cette comptabilité. Si le féminicides est le paroxysme de ces agressions perpétrées sur les femmes, cette violence passe par tous les degrés : du sifflement dans la rue au meurtre en passant par l’agression, le harcèlement, le viol. A la lecture de ces quelque 300 pages, on réalise la lenteur de ce processus qui a permis la reconnaissance des droits des femmes mais aussi l’incroyable courage et la formidable ténacité de ces combattantes. Et on comprend avec les deux autrices de ce livre Géraldine Grenet qui mène l’enquête et Marie-Ange Rousseau qui réalise les illustrations, combien les violences faites aux femmes sont une guerre à bas bruit contre les femmes
L’importance des mots pour parler des violences
Ce livre est un outil indispensable pour remonter l’histoire de ces luttes mais aussi pour comprendre les concepts clés, les textes phares et pour en finir avec un certain nombre d’idées reçues. Ainsi aujourd’hui, si on ne parle plus de « femmes battues », c’est qu’à l’intérieur des couples, la violence conjugale se caractérise d’abord par des violences verbales et psychologiques. Une violence psychologique qui est la forme moderne de la domination d’un sexe sur l’autre. Dans tous les milieux sociaux, on a maltraité les femmes sous prétexte qu’elles étaient inférieures. Et c’est un des grands slogans du féminisme : l’intime est politique, ce qui se passe dans l’intimité du foyer n’est ni andin ni isolé : c’est la conséquence du patriarcat et de l’inégalité de fait des hommes et des femmes. Faut-il le rappeler : la femme n’appartient pas à son mari. En 2025 lors du procès Pelicot il a fallu le répéter.
Une histoire des luttes et une histoire des textes
On retiendra la convention d’Istanbul en 2011 mis en place par le Conseil de l’Europe. Il s’agit du premier texte juridiquement contraignant qui s’appuie sur quatre piliers : La prévention, la protection des victimes, la poursuite des auteurs, la coordination des politiques. La France la ratifiera en 2015 et l’UE en 2017.
2017 c’est l’année Me Too, A travers la planète des milliers de femmes et d’hommes témoignent sur les réseaux sociaux et proclament Moi aussi j’ai été agressé.e. C’est une date historique, une rupture fondamentale dans l’histoire des femmes : la honte change de camps ! Mais 8 ans plus tard les autrices de cet album le déplorent, l’impact reste mitigé. Si la prise de conscience est là, si ces luttes sont désormais visibles dans les médias, les budgets et les politiques restent particulièrement timorés.
Un album pour succiter une relève ?
Face à cela, l’épuisement des militants et des militantes guette.
Alors la publication de cet album très pédagogiques est bienvenue pour élargir le cercle des convaincus et susciter peut être sait-on jamais de nouvelle vocation de combattantes et de combattant car le combat féministe n’est pas réservé aux femmes.
➡️Les combattantes de Géraldine Grenet et Marie-Ange Rousseau est publié chez Delcourt dans la collection Encrages
Commentaires
Une réponse à “Les combattantes, une histoire des violences sexistes et sexuelles”
[…] évidemment sur l’autre grande BD de cette rentrée sur l’histoire du féminisme Les Combattantes publiée chez […]